lundi 30 mai 2011

Illkirch, berceaux d’entreprises


Les entreprises payent un tiers du prix d’une place, soit 12 450 euros annuels, mais bénéficent d’avantages fiscaux pouvant dépasser 80 % de leurs dépenses liées à la crèche.

« L’Arbre à bulles » vient d’ouvrir au Parc d’innovation d’Illkirch.
 C’est la première crèche interentreprises dans le Bas-Rhin.


Les derniers meubles sont montés, les jouets déballés, le projet pédagogique finalisé... Depuis le 16 mai, tout est prêt pour accueillir les six premiers enfants dans les locaux flambants neufs de « L’Arbre à bulles », première crèche interentreprises du Bas-Rhin.

Située à l’extrémité du Parc d’innovation d’Ilkirch, ouverte du lundi au vendredi de 7h30 à 19h30, elle peut accueillir jusqu’à 40 enfants âgés de deux mois et demi à quatre ans. Entouré d’un jardin, ce bâtiment d’un étage en briques rouges offre aux enfants un environnement apaisé.

La crèche d’entreprise n’est pas une nouveauté dans la CUS. Les premières, à destination du personnel des hôpitaux universitaires de Strasbourg, ont été créées dès 1966. « L’Arbre à bulles » est une crèche privée conçue par l’entreprise normande Léa & Léo, mais contrairement aux réalisations précédentes, elle est liée à la Caisse d’allocation familiale (CAF) par un contrat de Prestation de service unique. Ce contrat a permis à Léa & Léo d’obtenir des subventions pour la construction de « L’Arbre à bulles » et aux parents de bénéficier du tarif conventionné par la CAF.

Autre particularité, son fonctionnement est cofinancé par les entreprises du Parc qui souhaitent réserver des berceaux pour les enfants des salariés.
Le projet remonte à 2007, lorsque la Société d’aménagement et d’équipement de la région de Strasbourg (la SERS), chargée d’aménager le Parc d’innovation d’Illkirch, effectue un sondage au sein des entreprises pour améliorer les services du Parc. La garde d’enfants figurait en haut de la liste des doléances et une réflexion sur l’ouverture d’une crèche a été menée.

Le projet de l’entreprise Léa & Léo, spécialisée dans la création de crèches, a séduit la SERS. « Le budget d’investissement est élevé, comparé à nos autres crèches en Normandie et en région lyonnaise. C’est parce que le prix du foncier est élevé en Alsace », précise Frédéric Thomas, président de Léa & Léo. Le projet aura coûté 1,85 million d’euros, dont presque 20% pris en charge par la CAF. Quinze personnes ont été recrutées, dont deux éducatrices, une infirmière et un cuisinier.

Une meilleure image de l’entreprise

En ce qui concerne le financement du fonctionnement de « L’Arbre à bulles », les entreprises payent 12 450 euros par place et par an, ce qui correspond au tiers du prix d’une place. Mais elles bénéficient d’avantages fiscaux pouvant dépasser 80% de leurs dépenses liées à la crèche. « Ces aides contribuent à l’expansion de ces crèches interentreprises », explique Jean-Marc Dietrich, le référent des entreprises à la CAF.

« Mon fils d’un an est dans une crèche parentale à Bischheim. Dans ce type de structures, les parents aident aux différentes tâches. Pour mon mari et moi, ça représente un énorme investissement. Je suis souvent très en retard au travail », témoigne Julie Lopes, 33 ans, salariée chez Alcatel, l’une des trois entreprises engagées avec Transgene et Mémoire éditions. La société, présente sur le site, a réservé six places dans « l’Arbre à bulles ». Le directeur des ressources humaines, Xavier Thomas, confirme que « proposer une place en crèche aux salariés, c’est réduire les absences et retards dus aux problèmes de garde. Cela permet aussi de donner une meilleure image de l’entreprise en améliorant l’égalité hommes-femmes ».

« Avec ma femme, nous avons essayé de mettre notre fille de six mois dans une crèche municipale, explique Christophe Zemmour, 30 ans, salarié de Transgene. Mais comme il n’y avait plus de place, nous avons opté pour une nounou ». « L’Arbre à bulles » présente « un double avantage : la proximité et surtout, un coût moins élevé », précise-t-il. Comme dans les autres crèches, la CAF aide les parents en les subventionnant en fonction de leurs revenus et du nombre d’enfants à charge.

« Des crèches vouées à se développer »

La mairie d’Illkirch a également réservé des berceaux, sept exactement, destinés aux habitants de la ville. Elle participe donc au fonctionnement de « l’Arbre à bulles » au même titre qu’une entreprise, mais sans les aides de l’Etat. Jacqueline Pack, adjointe au maire chargée de l’enfance, explique que la commune a voulu participer à ce projet car il permet d’offrir aux Illkirchois un panel complet de solutions de garde. La commune compte 320 places en accueil collectif réparties entre deux crèches multi-accueil, une halte-garderie, une crèche parentale et une crèche familiale, qui regroupe des assistantes maternelles. Chaque année, environ 200 demandes arrivent sur le bureau de Jacqueline Pack. « Le temps d’attente est en moyenne d’un an », précise-t-elle.

« Aujourd’hui, la CUS couvre 44% des besoins estimés de garde d’enfants, ce qui correspond à la moyenne nationale, affirme Jean-Marc Dietrich. Mais les collectivités sont réticentes à l’idée d’ouvrir des crèches, car cela représente un investissement conséquent. » Selon lui, « les crèches interentreprises sont vouées à se développer et à soulager les collectivités. Le phénomène a d’abord émergé en région parisienne. Aujourd’hui, plusieurs projets sont à l’étude dans la CUS ». L’Espace européen de l’entreprise à Schiltigheim est l’un des principaux sites concernés.

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